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Gaza: Les menuisiers se tournent vers les palettes d'expédition pour fabriquer du mobilier rudimentaire
information fournie par Reuters 05/05/2026 à 14:46

Un ouvrier palestinien construit des meubles à partir d'une palette

Un ouvrier palestinien construit des meubles à partir d'une palette

par Haseeb Alwazeer

Dans la bande de Gaza, où ‌Israël continue d'imposer des restrictions sur l'entrée de marchandises, le recours aux matériaux de récupération devient une nécessité, à ​l'instar des charpentiers locaux qui construisent désormais du mobilier à partir de palettes d'expédition et de chutes de bois.

Dans un atelier de menuiserie du sud de l'enclave palestinienne, les palettes usagées sont ainsi démontées pour être recyclées en lits, ​tables ou étagères.

Mohammed Wafi, 34 ans, menuisier à Khan Younès, a déclaré que les palettes étaient devenues l'une des rares sources de bois disponibles à ​Gaza et que les prix des composants de base ⁠avaient explosé.

Selon l'artisan, la demande pour son travail manuel a augmenté alors que des milliers de Gazaouis déplacès ‌vivent désormais dans des tentes ou des abris de fortunes.

"Aujourd'hui, les gens disent : 'J'ai juste besoin de quelque chose pour m'en sortir, quelque chose pour ne pas laisser mes vêtements par ​terre'. Surtout ceux qui vivent sous des ‌tentes", a poursuivi Mohammed Wafi.

"À cause des rats et des cafards, ils ont besoin ⁠d’une tente ou d'un lit surélevé par rapport au sol", a-t-il ajouté.

Dans l'enclave palestinienne, les rats et parasites ont envahis les camps de déplacés, grignotant les rares denrées disponibles, propageant des maladies et mordant les doigts des enfants ⁠pendant leur sommeil.

Le COGAT, l'agence ‌militaire israélienne chargée de coordonner l'aide à Gaza, n'a pas répondu à une demande de ⁠commentaires dans le cadre de cet article.

L'Etat hébreu interdit l'entrée à Gaza du bois car il estime que le ‌matériau peut être utilisé à des fins militaires. Israël invoque des raisons de sécurité pour justifier ⁠les restrictions imposées à Gaza.

Les pénuries d'électricité dans le territoire ralentissent par ailleurs ⁠la production de mobilier, a ‌déclaré Mohammed Wafi.

"Avant, on payait un kilo de clous 5 shekels (1,45 euros). Aujourd'hui, un kilo de clous coûte environ 100 ​ou 130 shekels", a-t-il ajouté. Les charnières et autres ‌ferrures ont également vu leur prix bondir.

Pourtant, les meubles fabriqués à partir de palettes restent bien moins chers que les ensembles de chambre à ​coucher classiques, composés d'un lit, d'une armoire et d'une commode, a-t-il ajouté.

Un ensemble de palettes se vend entre 4.000 et 5.000 shekels, contre 18.000 pour un ensemble traditionnel.

Dans les campements de tentes près de Khan Younès, ⁠Mohammed Tayseer, qui vit sous une tente depuis deux ans, a déclaré qu'il dormait à même le sol jusqu'à récemment.

"Le sol est sablonneux et sale, et comme vous pouvez le voir, les vêtements sont pleins de sable. Il y a des rats et des souris", a-t-il déclaré.

"On a mal au dos et on est raide à force de dormir par terre… maintenant, on a un lit."

(Reportage Haseeb Alwazeer à Gaza ; rédigé par Nidal al-Mughrabi ; version française Etienne ​Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire

  • 16:12

    Mais ils devraient êtres tous morts ou partis ! Israel est un peu léger sur l'offre de cercueils ou de transports à bestiaux.


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